PTC Systems
Plateforme technologique
ACTIPOLISH®
BIOGAZ ET BIOMÉTHANE
Présentation générale détaillée : production, composition,
contaminants et purification
DOSSIER TECHNIQUE
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Objet du dossier.
Présenter la filière biogaz dans son ensemble, identifier
les contraintes liées aux polluants et situer la
plateforme ACTIPOLISH® de PTC Systems
dans les opérations de traitement ciblé des composés
soufrés. La désulfuration ne doit pas être confondue
avec l'épuration complète du biogaz en biométhane.
1. La méthanisation et la formation du biogaz
La méthanisation, également appelée digestion
anaérobie, repose sur l'action coordonnée de populations
microbiennes dans un milieu privé d'oxygène.
Les matières organiques biodégradables y sont transformées
en un mélange gazeux dominé par le méthane (CH4)
et le dioxyde de carbone (CO2), tandis qu'une fraction
de la matière demeure sous forme de digestat.
Ce processus intervient spontanément dans certains
milieux naturels, mais les installations industrielles
le réalisent dans des digesteurs fermés afin de
maîtriser les températures, les temps de séjour,
l'alimentation, le brassage et la collecte du gaz.
La stabilité biologique dépend notamment du pH,
de l'équilibre nutritif, de l'absence d'inhibiteurs
et de la régularité des intrants.
| Étape biologique |
Transformation principale |
Conséquences pour le procédé |
| Hydrolyse |
Décomposition des polymères organiques en
composés plus simples. |
Conditionne l'accessibilité des substrats
aux microorganismes. |
| Acidogenèse |
Formation d'acides organiques, d'alcools et
de gaz intermédiaires. |
Risque d'accumulation d'acides en cas de déséquilibre. |
| Acétogenèse |
Transformation des intermédiaires en acétate,
CO2 et hydrogène. |
Préparation des substrats méthanogènes. |
| Méthanogenèse |
Production de méthane notamment à partir de
l'acétate et du couple CO2/H2. |
Production énergétique finale. |
Les installations fonctionnent généralement en
régime mésophile ou thermophile.
Le biogaz produit est humide et contient des impuretés
dont la nature dépend des substrats.

2. Les matières premières méthanisables
La diversité des matières organiques constitue
l'une des principales caractéristiques de la filière.
Elle explique également la variabilité de composition
des biogaz produits.
| Origine |
Matières utilisées |
Points d'attention |
| Agriculture et élevage |
Lisiers, fumiers, résidus végétaux, coproduits
agricoles. |
Variations saisonnières, teneurs en soufre
et azote. |
| Agroalimentaire |
Graisses, lactosérum, résidus alimentaires,
effluents organiques. |
Potentiel méthanogène parfois élevé, risques
de surcharge. |
| Collectivités |
Biodéchets et déchets alimentaires. |
Hétérogénéité et présence d'indésirables. |
| Stations d'épuration |
Boues primaires et biologiques, graisses. |
Composés soufrés et siloxanes possibles. |
| Industries diverses |
Effluents et résidus organiques compatibles. |
Vérification des inhibiteurs biologiques. |
La codigestion permet de combiner différents substrats
afin d'améliorer les apports nutritifs et la productivité.
Elle impose cependant une maîtrise des charges organiques
et des conditions de fonctionnement.
3. Composition chimique des biogaz
Le biogaz brut ne possède pas de composition chimique
unique.
Les proportions de méthane et de dioxyde de carbone
varient avec l'origine des matières et les conditions
de digestion.
| Constituant |
Présence indicative |
Importance industrielle |
| Méthane CH4 |
Environ 45 à 75 % en volume. |
Fraction énergétique valorisable. |
| Dioxyde de carbone CO2 |
Souvent 25 à 50 %. |
Réduction du pouvoir calorifique volumique. |
| Vapeur d'eau |
Gaz souvent proche de la saturation. |
Condensation et corrosion. |
| Hydrogène sulfuré H2S |
De traces à plusieurs milliers de ppm, parfois
davantage. |
Toxicité, corrosion et désulfuration. |
| Mercaptans R-SH |
Concentrations variables. |
Odeurs et soufre organique résiduel. |
| Ammoniac NH3 |
Variable selon les intrants. |
Contraintes de qualité du gaz. |
| Azote, oxygène, hydrogène |
Variables selon les procédés. |
Qualité et sécurité. |
| Siloxanes et COV |
Présence dépendant de l'origine. |
Dépôts, encrassement et émissions. |
Les valeurs indiquées sont des ordres
de grandeur généraux et ne constituent pas une analyse
contractuelle d'un biogaz particulier.
Le pouvoir calorifique inférieur dépend principalement
de la proportion de méthane.
Un biogaz contenant environ 60 % de CH4 possède
un PCI voisin de 6 kWh/Nm3, selon les conditions
de référence et sa composition exacte.
4. Variations de composition selon l'origine
Les caractéristiques des biogaz diffèrent selon
les installations et peuvent évoluer dans le temps.
Ces variations influencent directement le choix
et le dimensionnement des traitements.
| Filière |
Caractéristiques |
Conséquences |
| Méthanisation agricole |
CH4 et CO2 majoritaires ; H2S parfois élevé. |
Dimensionnement sur les charges réelles et
les pointes de concentration. |
| Boues de STEP |
Biogaz humide ; H2S et siloxanes possibles. |
Désulfuration et étude des contaminants spécifiques. |
| Biodéchets et agroalimentaire |
Composition dépendant des intrants. |
Adaptation aux changements de matières. |
| Gaz de décharge |
Variations CH4/CO2 ; azote, oxygène et composés
traces possibles. |
Analyses élargies et contrôle des entrées
d'air. |
La caractérisation doit associer les concentrations
en polluants au débit gazeux afin de déterminer
les charges massiques à traiter.
5. Les composés soufrés et leurs conséquences
Le sulfure d'hydrogène résulte notamment de la
transformation biologique de constituants soufrés.
Il représente un problème majeur de sécurité, de
corrosion et de fiabilité des équipements.
5.1 Toxicité et sécurité
L'H2S est un gaz très toxique. Son odeur ne constitue
pas un dispositif de détection fiable.
Les installations doivent intégrer les mesures de
sécurité, la ventilation, la détection instrumentale
et les procédures d'intervention.
5.2 Corrosion
En présence d'humidité, les composés soufrés peuvent
contribuer à la corrosion des réseaux et des équipements.
Leur combustion peut également produire des oxydes
de soufre.
5.3 Nuisances olfactives
Les mercaptans possèdent généralement des seuils
olfactifs faibles.
Leur présence doit être recherchée indépendamment
de l'H2S afin de caractériser correctement la charge
soufrée totale.
| Polluant |
Conséquences |
Traitement recherché |
| H2S |
Toxicité, corrosion, émissions soufrées. |
Abattement contrôlé. |
| Mercaptans |
Odeurs, soufre organique. |
Traitement ciblé. |
| Autres espèces soufrées |
Effets variables selon la molécule. |
Identification et validation du traitement. |
6. Les autres impuretés problématiques
Outre les composés soufrés, les biogaz peuvent
contenir différents contaminants susceptibles de
compromettre leur valorisation énergétique.
| Impureté |
Conséquences possibles |
Traitement ou étude |
| Vapeur d'eau |
Condensation, corrosion. |
Refroidissement et déshydratation. |
| Siloxanes |
Dépôts de silice lors de la combustion. |
Adsorption ou étude de captage par lavage. |
| Composés organiques volatils |
Odeurs, émissions, incompatibilités. |
Traitement adapté à leur nature. |
| Composés halogénés |
Corrosion et émissions. |
Identification et traitement spécifique. |
| Particules et aérosols |
Encrassement des équipements. |
Séparation mécanique et filtration. |
6.1 Cas particulier des siloxanes
Les siloxanes volatils sont des composés organosiliciés
rencontrés notamment dans certains biogaz de stations
d'épuration et de déchets.
Leur combustion peut conduire à des dépôts minéraux
abrasifs dans les équipements énergétiques.
Outre les procédés conventionnels d'adsorption,
le lavage gaz-liquide en milieu alcalin peut être
étudié comme voie complémentaire de captage des
siloxanes.
Leur transfert et leur entraînement éventuel dans
la phase sodique ne nécessitent pas obligatoirement
leur destruction chimique.
Perspective ACTIPOLISH®
:
Le captage physique éventuel des siloxanes par entraînement
dans la phase sodique constitue une piste à caractériser
expérimentalement pour ACTIPOL® et BIOPOL®.
La faible solubilité aqueuse de certains siloxanes,
notamment D4 et D5, impose une vérification des
performances réelles par analyses à l'entrée et
à la sortie de la colonne.
7. Les différentes valorisations énergétiques
Le biogaz constitue une ressource énergétique
renouvelable susceptible de remplacer une partie
des combustibles fossiles.
Son utilisation dépend de sa qualité, de sa composition
et des contraintes locales.
| Valorisation |
Principe |
Exigences principales |
| Production de chaleur |
Combustion en chaudière. |
Qualité compatible avec le brûleur et maîtrise
des composés corrosifs. |
| Cogénération |
Production simultanée de chaleur et d'électricité. |
Protection des moteurs contre H2S, siloxanes
et humidité. |
| Biométhane injecté |
Épuration puis injection dans un réseau gazier. |
Respect des spécifications de qualité du réseau. |
| BioGNV |
Biométhane utilisé comme carburant. |
Épuration, compression et conformité aux exigences
applicables. |
La valorisation énergétique exige une maîtrise
des impuretés pour assurer la fiabilité, la sécurité
et la durée de vie des installations.
8. Du biogaz brut au biométhane
La transformation du biogaz brut en biométhane
nécessite une succession d'opérations de purification.
La désulfuration n'en constitue qu'une étape.
| Étape |
Fonction |
Résultat attendu |
| 1. Préparation |
Régulation, séparation des liquides et particules. |
Gaz préparé pour le traitement. |
| 2. Désulfuration |
Réduction de l'H2S et éventuellement des composés
soufrés organiques. |
Protection des équipements. |
| 3. Traitements complémentaires |
Réduction des siloxanes, COV ou autres contaminants. |
Qualité adaptée à la valorisation. |
| 4. Déshydratation |
Élimination contrôlée de l'eau. |
Maîtrise du point de rosée. |
| 5. Séparation du CO2 |
Enrichissement du gaz en méthane. |
Production de biométhane. |
| 6. Contrôle final |
Analyses et conditionnement. |
Conformité aux exigences d'utilisation. |
La séparation du CO2 peut notamment faire appel
aux membranes, aux procédés PSA, aux lavages physiques
ou chimiques et à certaines technologies cryogéniques.
9. Technologies conventionnelles de purification
Les procédés de purification existants reposent
sur différents mécanismes physiques, chimiques ou
biologiques.
Ils peuvent être utilisés séparément ou combinés.
| Technologie |
Principe |
Contraintes principales |
| Sels de fer |
Fixation d'une partie du soufre dans le digesteur. |
Consommation de réactifs, effets sur le digestat. |
| Charbon actif |
Adsorption des polluants. |
Saturation et remplacement des médias. |
| Désulfuration biologique |
Oxydation biologique des espèces soufrées. |
Conditions biologiques et pilotage. |
| Lavage alcalin ou oxydant |
Absorption et réactions en phase liquide. |
Réactifs, effluents et maintenance. |
| Membranes et PSA |
Séparation des constituants gazeux. |
Prétraitement, énergie et pertes éventuelles
de méthane. |
Le choix d'une technologie dépend des débits,
des concentrations, des objectifs de purification,
des investissements et des coûts d'exploitation.
10. Contraintes d'exploitation
Les installations de méthanisation présentent
des conditions de fonctionnement variables.
La composition du biogaz évolue selon les matières
introduites, les charges biologiques et les paramètres
opératoires.
10.1 Débit et charge polluante
Le dimensionnement doit intégrer le débit nominal,
les débits extrêmes et les concentrations maximales
susceptibles d'être rencontrées.
10.2 Variations de concentration
Des augmentations rapides de la teneur en H2S
peuvent survenir lors de changements d'intrants.
Le traitement doit être adapté à ces fluctuations.
10.3 Contact gaz-liquide
Les installations de lavage nécessitent une étude
du temps de contact, du débit de recirculation,
des pertes de charge et des conditions de transfert
entre phases.
10.4 Surveillance analytique
Le contrôle des concentrations à l'entrée et à
la sortie du traitement permet d'évaluer les performances
et de détecter une évolution des conditions d'exploitation.
Exemple de charge entrante
:
Un débit de 500 Nm3/h contenant 2 500 ppmv d'H2S
représente approximativement 1,90 kg d'H2S par heure,
pour un volume molaire normal de 22,414 Nm3/kmol.
Cette valeur caractérise la charge à traiter, et
non une performance garantie.
11. Enjeux économiques et environnementaux
L'épuration des biogaz représente un enjeu économique
important.
La protection des installations, la disponibilité
des équipements et la maîtrise des coûts d'exploitation
conditionnent la rentabilité des projets.
| Critère |
Éléments à considérer |
| Investissement |
Équipements, instrumentation, génie civil
et sécurité. |
| Consommables |
Réactifs, médias, eau et autres intrants. |
| Énergie |
Pompage, ventilation, compression et refroidissement. |
| Maintenance |
Nettoyage, remplacement des pièces, analyses
et interventions. |
| Résidus |
Solutions usées, médias saturés et traitement
aval. |
| Performance |
Qualité du gaz, disponibilité et robustesse
face aux variations. |
Le bilan environnemental global dépend également
de l'origine des matières, des transports, des émissions
fugitives de méthane et de la valorisation du digestat.
12. La place d'ACTIPOLISH® dans la filière biogaz
ACTIPOLISH® constitue la plateforme
technologique développée par PTC Systems
pour la destruction chimico-biologique de polluants
présents dans les milieux gazeux et liquides.
Elle associe une transformation chimique ciblée
et une biodégradation confirmée des produits réactionnels,
sans formation de nouveaux polluants selon les résultats
communiqués par PTC Systems.
Dans la filière biogaz, son intérêt principal
concerne le traitement de l'hydrogène sulfuré et
des mercaptans par contact gaz-liquide.

12.1 Deux formulations complémentaires
| Formulation |
Caractéristiques |
Positionnement |
| ACTIPOL® |
Solution alcaline à 21,2 % d'actif. |
Traitement ciblé de l'H2S et des mercaptans. |
| BIOPOL® |
Solution carbonatée à 5 % d'actif. |
Formulation privilégiée pour certains gaz
riches en CO2. |
La sélection de la formulation dépend de la composition
du gaz, de la charge soufrée, de la présence de
CO2 et des contraintes de fonctionnement.
12.2 Une opération ciblée dans la chaîne de purification
ACTIPOLISH® peut être étudié comme étape
de désulfuration ou de traitement complémentaire
dans une installation existante ou nouvelle.
Il ne remplace pas, par principe, la déshydratation
et la séparation du CO2 nécessaires à la production
de biométhane.
Concernant les siloxanes, leur captage physique
éventuel par lavage et entraînement dans la phase
sodique constitue une possibilité complémentaire
à évaluer expérimentalement, sans supposer obligatoirement
leur destruction chimique.
12.3 Résultats et validation industrielle
PTC Systems dispose de références d'essais
sur des flux gazeux contenant de l'H2S et des mercaptans,
avec des résultats rapportés sous les limites de
détection des analyses mises en œuvre.
Les conditions opératoires, les consommations
de réactifs et les résultats détaillés seront présentés
dans la cinquième page du dossier.
Leur transposition à une nouvelle installation nécessite
une étude des conditions réelles et, si nécessaire,
des essais de qualification.
Perspective industrielle
:
La complémentarité ACTIPOL® / BIOPOL® permet
d'étudier des configurations de traitement sélectif
adaptées aux caractéristiques des biogaz et aux
contraintes des installations.
Références générales
Agence internationale de l'énergie :
Outlook for Biogas and Biomethane .
IEA Bioenergy Task 37 :
Biogas upgrading technologies .
PTC Systems :
Documentation biogaz .
PTC
Systems — ACTIPOLISH®
www.ptc.systems